Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Dimanche 7 septembre 2008 7 07 /09 /2008 22:30
Sur un forum que je survole régulièrement, même si je suis loin d'être un des membre les plus bavard, a été évoqué des souvenirs de colonies de vacances. Comme il s'agit d'une histoire personnelle, que cela m'avait beaucoup marqué à l'époque, et que cela tourne sur une, si ce n'est la première fois où j'ai pu enfin regarder une fille dans les yeux dans une démarche de séduction (même si maladroite), je me disais qu'il était logique que je la retranscrive sur le boudoir.

Ame sensible s'abstenir, ou plus exactement, celles ou ceux qui n'apprécient pas les histoires à la guimauve, passez de suite votre chemin, car dans le genre remake du film la boum encore plus prude, vous allez être servis. Mais que voulez-vous, il y a bien un commencement à tout dans la vie d'un garçon qui, dans sa douzième année, en avait marre de ne pas pouvoir regarder une fille dans les yeux. Voici donc, un souvenir...



Les colos, j'ai pratiquement pas connu. Dans la rigueur absolue même, aucune. Ceci étant, atteint d'une maladie, ou du moins, ayant une faiblesse de santé, j'ai été amené à effectuer des périodes (environ 3 semaines) de traitement dans des centres pour enfants et ados, et ce pendant environ 7 ans. Ces semaines de traitements médicaux qui revenaient quasi tous les ans, je les prenais finallement comme des colonnies de vacances en quelque sorte (pour la faire courte).

Pendant la période ado, je dois avouer que j'étais au sommum dans l'art d'être timide comme c'est pas permis, et maladroit avec les filles comme ce n'est pas imaginable. Autant dire que de me rapprocher d'une fille tenait d'un concours de circonstances ou plutôt d'un miracle.

Aussi, ces pseudo-colo étaient pour moi des sortes de périodes de test pour voir, dans un contexte qui finallement était neutre (je n'y connaissais personne en y arrivant chaque année, ou presque, et à la fin, on ne se voyait plus) si je pouvais améliorer mon relationnel vis à vis du sexe opposé. Bref, chaque année, je me réjouissais d'y aller (au moins) pour ça.

Filles et garçons étaient clairement séparés dans les locaux. Par contre, lors de "nos traitements médicaux", les salles d'attente étaient communes. Mais là encore, filles étaient d'un côté, et de l'autre les garçons : mais il y avait bien moyen de se voir. Des activités de loisirs étaient organisés et l'on pouvait se cotoyer (fille/garçon) un petit peu, mais il y avait surtout la "boum" de fin de session. Bref, même si l'on avait quelques (trop rares) occasions de se rapprocher des filles, on avait tous en tête l'objectif ultime de cette fête...

Le jeu consistait déjà à repérer qui voulait être avec qui (ben oui, pas moyen de se parler facilement entre les 2 clans, donc autant dire qu'il fallait user de sacrés subterfuges). Et finallement, pendant les fameuses périodes d'attente de traitement de soins, je me suis retrouvé pris dans un jeu assez étonnant.

Imaginez une grande salle de 15mètre sur 30, avec des bancs inconfortables adossés à chaque murs, sur lesquels d'un côté étaient assises les filles, et de l'autre les garçons. On n'est pas dans West Side Story, mais franchement dans le genre cliché, ça va être dur de faire mieux...

Et là, comme c'est une des meilleurs occasions de repérer visuellement d'avec qui on aimerait se rapprocher pour la boum, et bien on s'observe tous un peu en chien de faïllence, l'air de pas y toucher, mais voulant s'assurer que la personne pour qui ont peu avoir une faiblesse témoigne à minima un signe d'intérêt pour soi.

Moi, toujours dans mon optique de voir si je pouvais sortir de mon cadre d'hystérico-timide, j'ai pris le contre-pied. Là où chacun donnait l'air de pas y toucher, je me suis mis en fait à regarder une fille qui m'attirait beaucoup. Sans prendre de faux-fuyant on va dire. Petit à petit, au fil des jours, sans jamais pouvoir se parler, nos regards se sont croisés. Par hasard au début, puis plus régulièrement par la suite, jusqu'au jour où l'on s'est inconsciement jeté litéralement dans un jeu sans se donner un top de départ, et encore moins de top de fin...

Voilà bientôt près de 5mn que l'on se regarde, les yeux dans les yeux, à une 15aines de mètre l'un de l'autre. Au début, personne n'a remarqué notre petit jeu, sauf les quelques copines assises à côté "d'elle". Elles s'en amusent d'ailleurs à nous voir telles des statues, immobiles, ne disant mot, se noyant dans les yeux de l'autre.

Puis, peu à peu, les autres filles se rendent compte du manège et commencent à chuchotter en se retournant toutes vers elles et moi. Le côté garçons évidement ne tarde pas à être intrigué que les filles se focalisent pratiquement toutes sur le jeux de regard qui s'est maintenant instoré depuis plus de 15 minutes.

Le temps défile sans trop que je parvienne à savoir réellement si cela fait longtemps ou non que l'on s'observe sans rien dire et surtout sans bouger d'un pouce. C'est à celui qui ne détournera pas son regard. C'est grâce aux appels des soins que je me suis rendu compte au final qu'on avait tenu près de 30 minutes...

Avez vous déjà essayé de vous fixer pendant 30 minutes les yeux dans les yeux avec quelque un qui vous attirait ? C'est assez étrange en fait. Au début, on sourit / rigole. On le prend à la légère. Puis ça devient comme un jeu où il ne faut surtout pas être celui qui baissera les yeux... Mais vient ensuite d'autres impressions, d'autres sensations, celles de pouvoir se dire des choses rien qu'avec les yeux.

Ce n'est pas de la télépathie ou que sais-je, mais juste que n'ayant rien d'autre à faire que de se regarder, on imagine des choses, les yeux brillent, pétillent... On perçoit que les pupilles de l'autre bougent, essayent de nous dire des choses. On est littéralement hypnothisé. C'était un "sacré moment" que j'ai beaucou de facilité à me rappeler tant il m'a marqué.

La fin des soins a réellement mis fin à notre petit jeu. Tous les autres ados ne parlaient que de ça. C'était assez étrange de me retrouver au coeur des principaux sujets de discussion sans avoir réllement cherché à l'être. Autant vous dire que pour la boum, ma cavalière était toute trouvée...
Par Salamander - Publié dans : Tranches de vie
Voir les commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil

Partenaire

Un lieu sexy où il fait bon dialoguer en toute liberté...

Chuchottements

Recherche

Album Photos

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus