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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /2008 16:48
Il y a une constante qui revient assez fréquemment quand on évoque les pulsions masculines : c’est que globalement, nous serions complètement obnubilés par le sexe, au point qu’à chaque instant, qu’à chaque geste, à chaque démarche que nous ferions auprès de la gente féminine, se cacherait derrière une intention plutôt basse. Bref, on ne penserait qu’à ça, on serait que des gros cochons, dans le sens le plus péjoratif du terme, j’en passe et des moins bonnes.

Une fois de plus, je ne vais pas prendre la parole pour les autres, je vais juste tenter d’expliquer mon point de vue sur ce genre d’accusation qui me pèse un peu sur la cacahuète quand on commence à me la servir à tort et à travers.

On va commencer par le commencement… Alors, au début, il y avait les dinosaures… Bon allons plus vite et venons en au fait : dans nos gènes, sont profondément inscrits les instincts de survie et de reproduction pour faire perdurer l’espèce. On n’y peut rien. Pour la femme, il y a généralement une envie profonde d’être maman à un moment ou un autre : cette envie, je la perçois également inscrite dans les gênes (rejoint l’instinct de reproduction), à plus ou moins forte dose selon les individus, mais bien présente, c’est une certitude.

Bref, c’est délicat à expliquer, mais quelque chose nous anime sans que nous ayons fait une démarche volontaire pour la ressentir : c’est là, en nous, on vit avec (on n’a pas le choix), et chacun le ressent à plus ou moins forte dose selon sa sensibilité. Là où la nature est bien foutue, c’est que ces deux envies (j’aurais presque eu tendance à employer justement le terme de « besoin »), se complèteraient plutôt bien dite-donc… Incroyable non ?

Première étape du raisonnement atteinte : quand on dit que « les hommes ne pensent qu’à ça », je dirais déjà que « les hommes sont forcément amenés à penser à ça ». Il ne s’agit pas d’un choix à la base mais bien d’une pulsion à laquelle on doit faire face. Une fois ce postulat posé que quelque chose nous anime et dont la « source » n’est pas contrôlable, reste comment on le vit chacun, individuellement, et de fait, comment cela se traduit dans nos comportements de tous les jours. A partir de là, la démarche individuelle prime, et je ne parle donc plus qu’en mon propre nom.

Dans la formulation « les hommes ne pensent qu’à ça », il y a comme un sous-entendu qui laisserait croire que l’on pense continuellement et uniquement à ça. Alors là, je vous arrête tout de suite, ce serait me surestimer de croire que je parviens à n’avoir qu’une seule idée unique qui animerait chacune des secondes de mon existence. Ma pensée a en effet une fâcheuse tendance à passer du coq à l’âne, et pas forcément sur des choses des plus excitantes parfois.

Arrêtons là de verser uniquement dans la rhétorique, venons-en au plus important : est-ce que quand je suis à proximité d’une femme (qui m’est connue ou non), je ne pense qu’à la mettre dans mon lit ? Est-ce que cette pulsion, dont je ne contrôle pas la source, me conditionne totalement à n’imaginer qu’une seule chose : avoir des rapports avec elle ?

La réponse est non… et encore heureux. Tout s’use, et je pense que si je n’avais que ça comme pensées, je m’en serais très vite lassé. Dans ce précédent article j’évoque par contre que je peux, dans certaines conditions, avoir des pensées, des tentatives d’imaginer des choses. Mais ne confondons pas fantasmes (qui ne m’impliquent d’ailleurs pas systématiquement du reste) avec une réelle envie et démarche d’arriver à des fins quelconques de rapprochements intimes.

D’ailleurs, à bien y réfléchir, je ne commence réellement à me projeter (dans le sens où je me dis que cela risque probablement d’arriver) au lit (ou ailleurs soit dit en passant) avec une femme, que lorsque je suis officiellement en relation avec elle. Tout autre contexte ne pourrait au mieux que générer de purs fantasmes (dans le sens où ce serait d’avantage de l’imaginaire, de la curiosité) qui ne masqueraient aucun plan machiavélique pour arriver à mes fins.

Autrement dit, je distingue parfaitement bien le fait de « penser à ça » dans une démarche où je sens que cela va arriver avec ma partenaire du moment (cela peut même devenir un jeu, voir même mon jeu préféré du fantasme : bref, un besoin qui se mêle à une volonté contrôlée), contrairement à des idées, des images qui peuvent me traverser l’esprit, n’ayant aucune signification/impact dans mes actes à venir.

Bref, quand on dit qu'on ne pense qu'à ça, il y a plusieurs degrés d'implication personnels qui vont de paire avec le fait que l'on s'imagine réellement aller jusqu'au bout, ou non, de ses propres pensées plus ou moins grivoises. C'est pas simple tout ça hein !? Pour la faire courte : dire que l'on ne pense quà ça et tout le temps, c'est faux. Dire que c'est souvent que l'on y pense, c'est un peu plus proche de la vérité, mais cela dépend fortement de pas mal de choses. Imaginer que cela cache une réelle volonté de voir se concrétiser ces images, c'est s'égarer quelque peu... Ou alors, c'est votre fantasme mesdemoiselles et mesdames que de nous imaginer toujours la langue pendante prêts à vous bondir dessus... ;-)


Par Salamander - Publié dans : Réflexions
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