
Après
ce précédent article, je ne pensais pas avoir à réaborder de si tôt les souvenirs du passés qui se rappellent de manière originale au présent. J'ai bien fait de ne pas parier
là-dessus à la vue de comment s'est déroulé mon noël 2008...
Pour les éventuelles lecteurs/lectrices de ce blog qui le connaissaient déjà depuis au moins un an, vous avez peut être pu prendre connaissance de
la disparaition de mon père, en novembre 2007.
Ce que vous ne savez pas par contre, puisque je n'en ai pas parlé dans la catégorie adéquate (
le cinéma du
boudoir), c'est que je suis allé voir pendant le premier trimestre 2008, un film de comédie dramatique, j'ai nommé
P.S. I Love
You. Quel est le rapport vous demandez-vous, surtout si vous n'avez pas vu ce film ? Et bien, c'est simple...
Dans ce film, on découvre un couple follement amoureux, qui croquent la vie à pleines dents, leur vie. Lui décède d'une tumeur au cerveau. Elle est évidemment complètement abattue. Et alors, quel
est le rapport avec mon noël 2008 ? J'y viens, j'y viens...
En fait, dans le film, la femme a du mal à vivre comme on pourrait s'en douter dans ce genre de film de comédie dramatique. Et qui le pourrait ? Jusqu'au jour où pour son anniversaire cette femme,
dont les proches (famille & amis) tentent désespérement de lui remonter le moral et de l'aider à repartir vers quelquechose de vivant, reçoit un mystérieux cadeau. Un gâteau d'anniversaire
accompagné d'un magnéto sur lequel est enregistré la voix de son défun amour.
Il a en fait prévu de lui faire parvenir des lettres, des morceaux de lui, des cadeaux, en sachant qu'il était condamné à mourir. Elle va découvrir peut à peut tous ces messages provenant du passé,
orchestrés dans le temps pas son compagnon. L'objectif final étant de l'aider à tourner la page, et si possible, peut être, de refaire sa vie maintenant qu'elle se retrouve seule. J'avais trouvé le
film plaisant, mais j'étais finallement resté quelque peu hermétique à ce film.

Alors bien sûr, en ce jour de noël 2008, quand j'ai commencé à déballer mes
cadeaux (non pas d'anniversaire), je n'étais absolument pas préparé à recevoir un présent issu du passé...
J'ouvre mes quelques cadeaux que mes proches ont eu la gentillesse de me faire. Cela va du petit cadeau complètement inutile et/ou ridicule, à celui qui ne paye pas de mine mais qui me touche par
le fait que la personne a fait l'effort de rester dans mes goûts. Le tour des cadeaux est vite fait en définitive jusqu'au moment où ma mère s'approche de moi en me tendant un dernier paquet
cadeau...
Elle m'annonce en me le donnant, devant mes deux petites nièce de 6 et 4 ans, que le père noël de cet année a eu un petit doute quand à ce cadeau là. Il aurait en effet reçu une lettre de mon père
l'an passé cherchant à m'offir ce cadeau, mais qu'il ne l'avait retrouvé dans sa hotte qu'un an après. Sur le coup de la surprise, même si je crois comprendre que ma mère a retrouvé ce cadeau
qu'avait acheté mon père, je suis infoutu d'imaginer quoique ce soit.
Je reste interloqué, et contrairement à la coutume, je ne cherche même pas à savoir ce qui se cache sous ce papier cadeau tellement je reste bouche bé. Je ne m'y attendais pas, et connaissant mon
père, je reste encore plus stupéfait puisque sur ce côté là, on va dire qu'il ne fesait pas souvent mouche, même si le désir de bien faire était pourtant là.

Ma mère me regarde, ma soeur et mon beau-frère me regardent
ainsi que mes 2 petites nièces, et mon grand-père qui peine à comprendre ce qui se passe. Tout le monde s'est tu alors que j'ouvre péniblement le paquet. Et entre mes mains, se trouve ce cadeau du
passé, ce souvenir qui date de 16 ans et demi désormais.
Mon père a fait mouche. Ma mère me demande précisément ce que c'est, ce que cela veut dire, car elle n'est pas parvenue en retombant sur cet objet, à appréhender précisément la pertinence de cet
objet.
La gorge nouée, je commence d'expliquer qu'il s'agit là du DVD de l'unique concert auquel j'ai pu assister, en 1992, au stade de Gerland. Celui de Genesis, le lendemain de mes résultats d'un de mes
examens... Mes yeux se brouillent alors que je termine péniblement cette explication en tentant que les décrochements de ma voix ne se fassent pas trop remarquer.
Mais l'émotion est trop intense. Et voyant mes petites nièces qui commencent à me regarder bizarrement (pour elles noël = cadeau = sourir & rire), je préfère sortir de la pièce pour laisser
rouler une de ces si rares larmes. Merci papa, tu as fait mouche.
Chuchottements